Il faut toujours laisser sa place à la chance. Ce championnat était discret et aucune affiche ne nous en avait prévenus. Aucun circuit n’était diffusé. Ce fut donc un hasard heureux de rencontrer, sur le parking de la Darbella à Prémanon, les multiples équipages qui s’y trouvaient. Un de ces multiples sports, qui, loin du sport business, peut rassembler des passionnés désintéressés venus de toute la France et heureux de parler de leur passion. Des centaines de chiens qui sont certes des combattants comme le montrent les photos, mais aussi des chiens très affectueux en dehors de la compétition. Nous avons passé un très bon moment, alors merci à tous les équipages. Prenez donc un instant et cliquez ici pour déguster ces quelques images.
Tous les articles par gilles meurisse
Vœux 2017
Plaidoyer pour une utopie constructive
Depuis 30 ans, la France va de plus en plus mal. Sa voix s’éteint, son économie s’étiole, son école recule, son moral s’effondre. Même les plus désespérés des réfugiés d’un ancien protectorat français refusent de demander l’asile dans un pays aussi déprimant et l’on voit dans certaines compagnies aériennes africaines d’amusantes publicités attendant avec gourmandise le jour prochain où l’homme blanc émigrera vers l’Afrique ! Une candidate à la primaire américaine, pourtant démocrate, réfutait péremptoirement son adversaire d’un méprisant « nous ne sommes pas la France » et nos voisins les plus proches regardent avec tristesse ce que nous sommes devenus. Continuer la lecture de Plaidoyer pour une utopie constructive
A la rencontre du grand Tétras
C’est l’un des mythes des forêts du Jura. Tellement protégé que tout espoir de le rencontrer un jour semble vain.
Alors chacun cherche les dessins, les vitraux, les croquis, les cartes postales. Quelques photos de privilégiés agréés qui ont eu la chance de le voir consolent les autres et chaque promeneur espère que sa conduite vertueuse contribuera au développement de l’espèce..
Et puis, un jour, le grand Tétras est là, devant vous. C’est lui qui vous a cherché, les spécialistes disent que c’est un coq fou.
Il ne vous fuit pas, bien au contraire, et cherche même à vous impressionner si vous ne restez pas à bonne distance. Alors restez à une dizaine de mètres…et profitez du spectacle.
Cinq semaines en Arunachal
Voyage effectué en février mars,
Le texte ci-dessous complète les textes de la galerie photo et donne à la fin quelques informations pratiques, conseils de voyages, avis sur certains prestataires et des références bibliographiques.
L’Arunachal, vous connaissez ?
* A l’extrême Nord-Est de L’Inde, sur les abrupts contreforts de l’Himalaya, 85000km2 de montagnes qui dominent la plaine d’Assam et partagent des frontières avec le Bhoutan, le Tibet, la Chine et la Birmanie. Malgré l’impression que donne la carte d’Inde, le pays est à une latitude correspondant à 300km au sud du Caire, et donc a un climat beaucoup plus tempéré que les Alpes.
* Une zone à l’histoire bien agitée, administrée par l’Inde Britannique depuis 1826, puis par l’Inde indépendante depuis 1947 (sous le nom de NEFA, North East Frontier Agency), 25e état de L’Inde depuis 1987, c’est un territoire toujours revendiqué aujourd’hui en 2015 par la Chine[1] qui l’a attaqué en 1962, envahi totalement, écrasant l’armée indienne, puis s’est retirée sans explications au bout de quelques semaines. Il en reste aujourd’hui une présence considérable de l’armée indienne dans la région. Continuer la lecture de Cinq semaines en Arunachal
L’entreprise au cœur de nos choix de société
Aujourd’hui, l’entreprise est au cœur des préoccupations de chacun, glorifiée ou honnie, objet d’attentions ou de luttes, espoir du monde ou fossoyeuse de la planète. Mais en fait qu’est-ce qu’une entreprise et en quoi est-elle porteuse ou non de choix de sociétés profonds ?
Ayant constaté auprès de nombreuses générations d’étudiants que ces principes de base de notre société n’étaient pas connus, nous allons faire dans la première partie de cet article un exposé assez didactique avant de revenir à des réflexions plus générales dans la deuxième partie. Mille pardons aux experts et à ceux qui savent déjà tout cela, de leur proposer ce rappel et les inévitables simplifications nécessaires à sa compréhension. Continuer la lecture de L’entreprise au cœur de nos choix de société
Une mauvaise brise marine soulève la vague
La vague monte, inexorablement, dans les pays démocratiques, et pas seulement en France.
La vague monte, et pas seulement quand de velléitaires gouvernements de gauche sont au pouvoir.
La vague monte, et pas seulement quand le chômage fait des ravages. Continuer la lecture de Une mauvaise brise marine soulève la vague
Vers une entreprise barbare ?
Virtualisation des actionnaires
Cupidité des courtisans
Il est incontestable que, depuis des siècles, l’entreprise est au cœur de la production de richesses, et que les succès des entreprises ont amélioré de manière considérable les conditions de vie de nos sociétés, occidentales dans un premier temps, et de nombreux autres pays plus récemment. Chacun peut mesurer ce que notre existence doit à la longue chaine d’entrepreneurs et d’inventeurs qui l’ont façonnée, ce que nos structures étatiques, nos systèmes sociaux, culturels, d’éducation, doivent à la productivité croissante des entreprises. Chacun peut d’ailleurs mesurer l’énergie que mettent des milliards d’humains à tenter de nous rejoindre[1].
Mais, comme nous l’avons vu, cet inéluctable progrès a profondément modifié nos comportements . Au-delà de ce constat, nous voudrions examiner ici ses conséquences au sein même de l’entreprise.
Air France, Talion et populisme
Le 5 octobre dernier, quelques salariés d’Air France ont violemment agressé certains cadres et vigiles du groupe. Les clichés et vidéos de l’évènement ont fait le tour du monde et suscité une stupeur et une réprobation quasi unanimes. Le 12 octobre dernier, 6 de ces salariés ont été interpelés à leur domicile et mis en garde à vue, 5 d’entre eux étant déférés au parquet pour « violences aggravées » et la direction d’Air France a annoncé des mesures disciplinaires à l’encontre de ces salariés. Continuer la lecture de Air France, Talion et populisme
Actionnaire de court terme
Pour une majorité d’actionnaires, l’horizon se rapproche
Il faut bien comprendre que dans une entreprise non cotée en bourse, l’actionnaire est engagé pour la durée de la société, en général plusieurs dizaines d’années, et qu’il ne peut en sortir qu’en cherchant un actionnaire qui rachèterait ses parts et prendrait sa place. S’il est minoritaire, c’est une opération souvent très compliquée, et s’il est majoritaire, c’est une vente de société, tout aussi compliquée. On comprend qu’il soit ainsi difficile pour une société non cotée de trouver des actionnaires mais on comprend tout autant qu’ils soient très attachés au long terme.
Pour remédier à cette difficulté, est apparue, surtout à partir du XIXe siècle, la bourse de valeurs, un marché d’échanges d’actions où chaque actionnaire peut venir offrir les actions qu’il veut vendre et où des acheteurs viennent indiquer leurs souhaits. Le rapport des acheteurs et des vendeurs fixe le prix. Sur ce marché, dit secondaire, l’achat d’actions n’est pas toujours un engagement à très long terme puisque l’actionnaire peut sortir assez facilement. L’entreprise ne reçoit aucune somme dans ces échanges et le cours de l’action n’a aucune influence directe sur son fonctionnement. Par contre le fait de rendre liquide le placement en actions facilite l’arrivée de nouveaux actionnaires sur le marché primaire (c’est-à-dire celui des émissions de nouvelles actions qui est le seul à apporter réellement de nouveaux capitaux à l’entreprise) donc la facilité pour les sociétés cotées d’augmenter leur capital si nécessaire.¹
Mais cette facilité a eu une autre conséquence : l’effacement du propriétaire dirigeant au profit de l’actionnaire investisseur² . De la notion de patrimoine, on est passé à celle de placement, puis à celle de support de placement. Et l’horizon même de ce placement ne cesse de diminuer, de 7-8 années dans les années 1950-1970 à 6 mois environ en 2014³
L’évolution des techniques financières a conduit à ce que, sur une période de 6 mois, les variations « accidentelles » de la valeur d’une action atteignent couramment 10 à 20% alors que le bénéfice par action sur la même période n’atteint souvent pas les 10% et le phénomène s’accentue encore lorsque la période de détention se raccourcit. Les propriétaires de court terme sont donc particulièrement sensibles à la seule valeur de l’action. Et cette valeur de l’action dépend autant de facteurs externes à l’entreprise (annonces des banques centrales, taux d’intérêt et ou d’inflation, anticipation de conjoncture mondiale…) que de facteurs internes à l’entreprise qui sont, (anticipation de bénéfice) ou ne sont pas, liés à la santé ou au développement de l’entreprise (projet de fusion ou de rachat, réduction de capital augmentant le bénéfice par action, entrée ou sortie d’un indice majeur type CAC40…).
De plus, ce marché boursier ne peut fonctionner qu’avec des divergences d’appréciation, voire d’information des acteurs puisque tout vendeur ne peut vendre qu’à un acheteur et réciproquement. Compte tenu de l’infinie rapidité des marchés[4], on peut ainsi assister à des variations très brutales sur une simple communication émise par l’entreprise, par des analystes ou des gourous dont nul ne sait quels sont leurs intérêts et objectifs réels, chacun ne pouvant gagner que s’il comprend une fraction de seconde avant « les autres ». La valeur de l’action, sur le court terme, diverge donc de plus en plus de la réalité de l’entreprise.
On comprend ici le rôle crucial de la communication qui tend de plus en plus à contrôler, voire à remplacer l’information.
[1] Pour avoir un ordre d’idées, la capitalisation boursière sur Euronext (Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Paris), c’est-à-dire la valeur totale des actions cotées au 1/1/2015 était de 2734 Mds€. Le volume annuel 2014 des transactions sur le marché secondaire était de 1535Mds€. Le montant des apports de capitaux sur le marché primaire actions était de 10,7 Mds€ (source Euronext Factbook 2014) .
[2] Encore que cette catégorie recèle des types très différents : du père de famille au trading haute fréquence en passant par les groupes industriels, les fonds, les fonds de pension….
[3] Source Euronext et nyse fact book 2014 (ce temps est encore plus court sur les marchés américains) NYSE, SG global strategy research cité par trendsetter.fr
[4] La SEC (Security Exchange Commitee) a remplacé sous outil de surveillance de la régularité des marchés à la milli seconde par un outil à la nanoseconde !!!!! car elle n’arrivait pas à suivre les manipulations de marché.