Un petit tour en Lettonie

Un peu d’histoire…et de géographie
Ah qu’il est difficile d’être un petit pays au milieu de grands voisins souvent envahissants ! Pour n’en rester qu’au dernier siècle, la Lettonie profita de l’éclatement de l’empire russe en 1920 pour acquérir sa première indépendance. Mais à l’aube de la deuxième guerre mondiale les allemands la concédèrent aux russes dans le pacte germano-soviétique puis la reprennent en 1941 après la rupture dudit pacte et la perdent à nouveau en 1945 après en avoir éliminé tous les juifs. L’union soviétique y installe en fait de force une république soviétique qu’elle peuplera progressivement d’un gros tiers de russes. L’effondrement de l’URSS permettra aux lettons, après une longue lutte, de retrouver leur indépendance en 1991. Le départ d’une partie des russes, une faible natalité et une forte émigration ont fait perdre plus d’un quart de sa population à la Lettonie depuis 1989.
Aujourd’hui la Lettonie compte 1 950 000 habitants (dont 31% de russophones, mais un tiers d’entre eux n’ont pas la citoyenneté) pour une superficie de 65000km2 (un peu moins qu’Auvergne Rhône Alpes avec un quart de sa population et un dixième de son PIB). La Lettonie a adhéré à la CEE et à l’OTAN en 2004, est entrée dans l’espace Schengen en 2007 et a adopté l’euro en 2014.
La Lettonie a adhéré à l’organisation internationale de la francophonie en 2008, mais 1% de la population parle français et vous ne trouverez aucune trace de français, ni à l’office de tourisme de Riga ; ni dans aucune brochure, ni dans aucun musée. Si vous hésitez devant l’apprentissage du letton, révisez donc l’anglais ou le russe. L’itinérance étant désormais gratuite dans la CEE, installez une application de traduction automatique sur votre smartphone, vous ne le regretterez pas.

Premier contact
Les traces de l’ex URSS sont omniprésentes, souvent délabrées et sont utilisées à soutenir un sentiment national largement méfiant vis-à-vis de la Russie. Mais l’URSS a aussi laissé quelques traces immatérielles, dont la rareté du sourire et quelques rigueurs procédurales. Vous pourrez immédiatement vous en convaincre auprès de l’office du tourisme, des chauffeurs de bus ou de « l’accueil » de l’ancien siège du KGB si vous essayez de le visiter. Pour autant l’accueil n’est pas hostile, juste indifférent à Riga, plus agréable en Courlande, toujours réservé comme dans la plupart des pays froids.
Un petit conseil partez avec des multitudes de pièces de monnaie, le change d’un billet, même de 10€, est pratiquement impossible dans la plupart des échoppes et dans les bus. Pour le reste les prix des produits destinés aux lettons sont fort sympathiques, ceux des produits pour touristes, beaucoup moins.
Un dernier conseil, partez à jeun, les rations sont partout calculées pour des travailleurs de force au cœur de l’hiver.

Quelques compléments
Le guide Lonely Planet Pays Baltes : Si les textes sont convenables, l’organisation générale du guide, son index et les références cartographiques sont insupportables. Dans Riga, il est simplement inutilisable. Utilisez plutôt l’une des cartes gratuites distribuées un peu partout (Riga-Jurmala the most interesting places édité par Colorart, Riga free Map made by locals édité par likealocal co ou la carte des transports en commun distribuée gratuitement sur demande par l’office de tourisme)
Attention aux horaires indiqués dans le guide ou sur les monuments eux-mêmes, de multiples évènements peuvent perturber ces horaires.
Le visite de Riga ne nécessite aucune voiture, l’essentiel peut être parcouru à pied avec quelques trajets en transports en commun. Si vous craignez les pentes, la ville est parfaitement plate !
Par contre une voiture peut être utile en Courlande.

Album photographique
Plutôt que de multiplier les textes, vous pouvez accéder ici à un important album photographique dont les photos contiennent en général les renseignements nécessaires.

Quelques mots sur les fêtes du solstice d’été (23 et 24 juin)
Ce sont les fêtes les plus importantes du pays auxquelles vous pouvez participer dans toutes les villes, villages et familles du pays. Les jours sont chômés et presque tout est fermé.
En réalité, il y a deux fêtes, le 23 juin le Ligo (qui évoque l’idée de bascule ou de balance) ou zalu (le jour des herbes) et la fête des Janis (Jean) le 24. Ces fêtes peuvent être précédées ou suivies les jours voisins d’autres évènements.
Ce sont des fêtes d’origine immémoriale, remises à l’honneur dans le cadre d’une affirmation de l’identité lettone mêlant traditions païennes et chrétiennes. Elles évoquent la puissance de la nature alors à son maximum, la fertilité, végétale ou autre, l’Éros, l’apaisement des esprits pour favoriser la nouvelle année agricole.
Comme l’indique V.Vike. Freiberga, ancienne présidente de la république et spécialiste des traditions folkloriques : « on ne trouve pas dans les traditions orales lettones d’antinomie entre le corps et l’esprit, pas de trace d’un mépris de la chair comme déchue et marquée par le mal, pas de honte devant les fonctions biologiques et, par-dessus tout, pas de notion de péché dans le sens chrétien du mot ».
Le Ligo est marqué par des danses et des chansons (les rainas), puis l’allumage et l’entretien de feux jusqu’à l’aube pendant qu’une fête endiablée maintient chacun en éveil. Il est en effet de mauvais présage d’aller se coucher avant l’aube. La fête est accompagnée de nourritures roboratives et de boissons multiples.
Le rôle du feu est essentiel, guider le retour du soleil, chasser les mauvais esprits et les restes de l’année précédente (on y jette d’ailleurs les couronnes de l’année passée).
Une tradition charmante veut que les jeunes gens, quittent discrètement la fête pour aller chercher des « fleurs de fougère » dans les environs (pour information la fougère n’a jamais de fleurs)

Si vous vous trouvez à Riga, la ville organise deux fêtes distinctes
– L’une Dzegužkalns la plus haute colline de Riga à quelques kilomètres du centre sur la rive gauche de la Daugava. C’est une très belle fête traditionnelle, dans un lieu enchanteur et l’accès est facile en transports en commun.
– L’autre, cours du 11 Novembre (fermé pour l’occasion), plus urbaine, plus moderne

Liens utiles :
-Les sites en letton peuvent être utiles (avec un traducteur automatique, même imparfait), mais attention l’accentuation balte (ā Ā č Č ē Ē ģ Ģ ī Ī ķ Ķ ļ Ļ ņ Ņ ŗ Ŗ š Š ū Ū ž Ž) est indispensable (pour information le ī s’appelle le I macron !)
-Les fêtes du solstice d’été
Bayou Céline, « « Ligo, Ligo !», la nuit du solstice d’été », Le Courrier des pays de l’Est, 2008/3 (n° 1067), p. 124-128. URL : https://www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2008-3-page-124.htm

https://www.lettonie-francija.fr/Dainas-lettones-chansons-dziesmas-Vaira-Vike-Freiberga-686

https://lyricstranslate.com/fr/l%C4%ABgojami-soyons-joyeux.html

-Le site du musée de l’aviation de Riga
http://en.airmuseum.lv/home/

-Sur la Courlande
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Courlande
http://www.visitventspils.com/files/kr277_ventsp_govis_eng.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lives_(peuple)
et bien entendu Courlande de Jean-Paul Kauffmann, éditions Fayard, 2009 dont certains extraits sont accessibles en ligne