Archives de catégorie : un regard citoyen

Liberté, j’écris ton NON !

Ça y est. Sous la bannière flamboyante d’extrémistes en tous genres[i], quelques manifestants (0.1% de la population) ont prétendu représenter le peuple aux cris de « pas antivax, juste pro démocratie », « non au chantage vaccinal, pass liberticide » ou « refusons la discrimination ». Les mêmes sans doute qui hurlaient contre le manque de masques et de vaccins avant de refuser de porter les premiers et d’utiliser les seconds, les mêmes qui condamnaient la fermeture des écoles puis proclamaient le risque de leur réouverture tout en demandant celle des boîtes de nuit ou des restaurants, les mêmes qui voyaient une inadmissible discrimination dans la réouverture partielle de certains établissements aux seuls vaccinés et préféraient les voir tous fermés sous prétexte d’égalité. Les mêmes qui proclament avec générosité que limiter la liberté des jeunes pour sauver quelques vieux est inadmissible.

Quand bien même leur vacarme, largement amplifié par les médias et les réseaux sociaux peut tromper, il ne saurait masquer que la démocratie est sans doute mieux représentée par la forte majorité de citoyens favorables à la vaccination ou au pass vaccinal que par cette infime minorité d’agités.

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Vers un avenir de colère ?

Au petit matin, quelque part au Nord du Mozambique, un homme, à tort ou à raison, en poursuit un autre en hurlant. Quelques minutes après, il est rejoint par 200 oisifs qui se trouvaient là sans savoir qui est poursuivi, à quoi il ressemble, ni rien de la situation. En quelques instants, la meute rejoint le fugitif, ou quelque autre qui a eu le malheur de se trouver là, et le lynche.[i]

La mécanique est éternelle : un mécontent proclame à tort ou à raison sa colère, et fédère immédiatement la fraternité militante Continuer la lecture de Vers un avenir de colère ?

Pourquoi le Coronavirus s’attaque à certains pays

« Il existe pour chaque problème complexe une solution simple, claire et fausse. »
H. L. Mencken

On a tout dit sur le Covid19, ou presque. Qui sont les personnes les plus exposées ? Pourquoi certains pays sont-ils épargnés ? Quelle est l’influence du tabac, du poids ou de la tension ?  Y aura-t-il une deuxième vague ? Quand trouvera-t-on un vaccin ?…

D’innombrables voix expliquent qu’elles savaient ce qui allait arriver et ce qu’il aurait fallu faire. Une kyrielle d’idéologues ont une explication simple des causes… Et tous ont une solution évidente pour le futur. D’autant plus évidente d’ailleurs que l’idéologie ou l’ignorance caricature la réalité.

Or la réalité est complexe et demande, pour être approchée, du temps, de la modestie, du travail et du jugement…entre autres. Que peut-elle devant la vénéneuse séduction des 280 caractères de twitter, des 2 minutes des informations télévisées ou des 5 minutes de la radio ? Que peut-elle devant l’addiction généralisée à l’émotion, au spectaculaire, à l’instantané ? Que peut-elle devant l’ignorance péremptoire des réseaux sociaux, de prétendus experts ou la superficialité de certains journalistes ? Que peut-elle devant l’incapacité ou l’inappétence de beaucoup à lire plus de 15 lignes, surtout sans photos ni couleurs ?

Nous allons malgré tout essayer ici de proposer quelques constats simples et d’analyser plus avant le plus troublant d’entre eux : les pays occidentaux les plus touchés sont également ceux aux finances publiques les plus dégradées comme si le Coronavirus s’attaquait surtout aux états qui ont des comorbidités économiques. (Voir tableau 1, vous pouvez faire glisser le tableau à l’aide des curseurs et effectuer des tris sur colonnes par le tri avancé uniquement ). Continuer la lecture de Pourquoi le Coronavirus s’attaque à certains pays

Différences, hiérarchies, avantages et privilèges

Depuis toujours il existe chez les humains, comme dans le monde animal, des différences entre les individus : physiques, comme la taille, la beauté, la force, la rapidité ou l’agilité, intellectuelles, comme la capacité d’abstraction, l’habileté, les talents d’orateur ou d’écrivain, sociales, comme le charme, le charisme ou la capacité de séduction… Continuer la lecture de Différences, hiérarchies, avantages et privilèges

Un monde d’anges… et de nuages

La cause est entendue : le détournement d’argent public est un crime qui déshonore ses auteurs. Et la vindicte populaire et médiatique s’est abattue sans ménagement et à juste titre sur les quelques politiques ayant fauté. D’ailleurs c’est connu de tout un chacun, les coupables sont les multinationales qui ne paient rien, les milliardaires qui s’arrangent avec la loi et… les anciens politiques. Le reste de la population étant composé d’angéliques moutons tondus par une puissance publique supposée les massacrer. Continuer la lecture de Un monde d’anges… et de nuages

Dégagisme… après les politiques, les médias ?

Que n’a-t-on dit sur nos vils hommes politiques : de leurs conflits d’intérêts à leurs privilèges et leur coût exorbitant, de leur déconnexion du peuple à leur absence de résultats, de leur insouciance à gaspiller les fonds publics à leur supposée malhonnêteté en passant par leur clientélisme ou leur népotisme. Tout y est passé et les médias ont saisi avec bonheur cette aubaine pour gonfler leur audience. Mais sont-ils eux-mêmes exemplaires ?

Utilisation de fonds publics Continuer la lecture de Dégagisme… après les politiques, les médias ?

Élections, le risque de l’optimisme ?

On peut concevoir pourquoi certains ont voté pour la droite : une recherche d’efficacité, de rigueur, de liberté économique, de remise en ordre des finances publiques, de restauration de la responsabilité individuelle et du courage, même si l’on peut regretter que ce soit au détriment la justice sociale.
On peut concevoir pourquoi certains ont voté pour le socialisme : une idée de justice, d’égalité, de liberté sociétale, de générosité, de collectif, d’un État juste contrôlant les pulsions égocentriques de chacun, même si l’on peut regretter que ce soit au détriment de l’efficacité. Continuer la lecture de Élections, le risque de l’optimisme ?

La démocratie c’est quand on gagne

Onze candidats ont choisi de tenter de convaincre le peuple français en participant à des élections dont ils ont accepté les règles.
A l’issue d’un scrutin dont aucun n’a dénoncé quelque irrégularité significative, le peuple français s’est exprimé.
Il a éliminé la droite de gouvernement parce qu’elle avait oublié que l’efficacité économique ne peut se construire sans un peu de justice sociale.
Il a éliminé les gauches parce qu’elles avaient oublié que la justice sociale ne peut se construire sans un minimum de réalisme et d’efficacité économique.
Il a éliminé les deux parce que toutes s’enfermaient dans des querelles internes intolérables plutôt que de s’intéresser aux problèmes réels. Continuer la lecture de La démocratie c’est quand on gagne

Fillon, quand un scandale peut en cacher un autre

Fin janvier, à moins de trois mois des élections présidentielles, après la clôture des différentes primaires, des révélations indiquent que François Fillon aurait salarié son épouse et ses enfants dans des emplois présumés fictifs entre 1998 et 2014. La justice ou l’histoire établiront si ces faits sont exacts, le droit dira s’ils sont légaux. S’ils sont réels et illégaux, souhaitons que la justice les sanctionne. S’ils sont réels, mais légaux, ils sont moralement inadmissibles. S’ils sont faux….
Mais il est un aspect de l’affaire que les médias n’abordent pas.

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Vers une domestication de l’homme ?

Depuis l’origine de l’histoire, des élites dominent les peuples par la contrainte, physique, légale, religieuse, économique, médiatique ou autre…contrainte souvent tolérée au titre des avantages induits, du poids de la tradition, voire même de la simple fatalité.

Et chaque fois que cette domination rend la situation intolérable à une partie des peuples, des révoltes ou des révolutions la font évoluer vers…un nouveau type de contraintes [1]!

Aujourd’hui, la prétendue égalité des chances et la démocratie imputent aux mérites de chacun sa propre situation[2]. Toute idée de domination, de contrainte ou d’inégalité devient donc inadmissible et chacun, indéfiniment insatisfait d’un sort toujours injuste à ses yeux[3], n’en finit pas de maudire les élites du moment coupables de sous-valoriser ses vertus. Continuer la lecture de Vers une domestication de l’homme ?