Homélie de Daniel Vermot-Gaud

Sg 2,23 ; 3,1-6.9  Psaume 14  Mt 25,31-40

Comme pour beaucoup d’entre nous il n’était pas aisé de savoir comment Claude se situait par rapport à la foi. Sujet que l’on aborde peu etre amis, ni d’ailleurs en famille. Il était très respectueux de ceux qui s’engagent  en raison de leur foi : il créa d’ailleurs des liens d’amitié avec tous les curés de Bellême relayés me semble t il par ses fils. Claude était présent à mon ordination diaconale où nous avions distribué un souvenir à chaque participant. 15 ans après celui ci était toujours visible sur la table de la salle à manger du couple. Je suis même à peu près sûr que Claude mettait un point d’honneur à  vivre selon une éthique chrétienne alors que son histoire l’avait éloigné de L’Église institutionnelle.

C’est pourquoi je suis heureux de participer en tant que diacre à cette célébration religieuse et de faire sans état d’âme  un lien entre la Parole de Dieu que les garçons de Claude ont choisi et quelques aspects de la vie de celui ci.

L’évangile indique clairement sur quoi  nous serons jugés dans une vision assez redoutable de jugement dernier. Mais Dieu merci des exemples concrets sont proposés. Ce qui me touche c’est l’insistance sur les besoins fondamentaux de de l’Homme comme la faim, la soif, la nudité et ceux de grande détresse comme la maladie, le déracinement ou la perte de liberté. Nous ne sommes pas toujours appelés directement à ces gestes bien précis d’attention fraternelle, mais d’autres attitudes tangibles d’accueil et d’amitié signeront notre contribution à rendre notre monde plus humain. Ce qui le rend plus proche du plan de Dieu sur l’humanité.

Claude dans sa vie familiale, professionnelle et ses engagements associatifs y compris dans la gestion de la cité en a pris sa part :  je retiendrais entre autre sa grande fidélité en amitié stimulée par sa capacité à créer des liens forts et à les garder :  pour ne prendre qu’un seul exemple je pense à ceux gardés depuis plus de 60 ans avec une famille de Flers où il travailla à ses débuts. Ou encore, même si sa première préoccupation et sa fierté fut la famille qu’il avait fondée,  il n’oubliait pour autant personne, ce qui lui valait de faire des tours de France familiaux et amicaux à la rencontre de personnes âgées moins en forme que lui…quelques fois même en Ehpad et qu’il visitait. Avec son épouse Odette  ils ont toujours été attentifs aux diverses situations difficiles que pouvaient traverser les confrères : maladies, veuvages, situation familiale ou professionnelle compliquées.

Mais au terme de notre vie nous pouvons légitimement nous poser la question avec le psalmiste : Qui habitera dans ta maison Seigneur ?