Balade à Bruxelles

Bruxelles, qui fut la ville de la convivialité, de l’humour et de la bonne humeur ?

Bruxelles dont Jacques Brel faisait sonner les pavés de la place Ste Catherine en chantant les omnibus, les crinolines, les frites d’Eugène ou le tram 33 ?

Bruxelles qui connut la fluidité et l’élégance de l’Art Nouveau ?

Bruxelles qu’un urbanisme débridé et ravageur manqua de détruire ?

Bruxelles qui symbolisa dans les années 50 le rêve d’une Europe unie, prospère et pacifique, diabolisée 60 ans après comme une Tour de Babel, coupée des réalités, hautaine et paralysée ?

Ou encore Bruxelles de la bande dessinée, Bruxelles médiéval, Bruxelles ambigu  partagé entre une population aisée, récente, cosmopolite et une autre autochtone plus hétérogène, affligée de 20% de chômage[i]?

Comment définir une telle ville, à la fois ville centre, agglomération, région, capitale d’un état aux deux langues et centre d’une Europe à 28 ?

Alors contentons-nous de quelques impressions au cours d’une promenade dans la ville.

Les frites d’Antoine ont remplacé celles d’Eugène, il n’y a plus de tram 33 et les touristes cherchent la place Sainte Justine qui n’existe pas et que 52 ans de palabres n’ont toujours pas permis de créer.

Alors que reste-t-il ? Une petite capitale, ou une grande ville moyenne, dont nous avons arbitrairement choisi quelques points, visités, pour l’essentiel,  à pied.

 

Notre visite

A tout seigneur, tout honneur, l’extraordinaire Grand-Place. De jour, comme en soirée, elle est une merveille que l’on peut revoir sans fin et que les hordes de touristes ne parviennent pas à troubler.

Une poésie de petites rues anciennes qui évoquent avec bonheur l’ordonnancement ancien de la ville : rues au beurre, du bois à brûler, du bois de construction, du bois sauvage, des bouchers, des brasseurs, aux briques, de la buanderie, chair et pain, aux choux, de l’épargne, au foin, des fripiers, des harengs,  de l’hectolitre, à la houille, des marchés au charbon, aux fromages, aux herbes, aux peaux, aux porcs, aux poulets, montagne aux herbes potagères, nouveau marché aux grains, aux pierres de taille, des poissonniers, des pigeons (pas les exilés fiscaux, les vrais), du poivre, des teinturiers….L’humour belge, qui peut atteindre à la philosophie,  retiendra les impasses des cadeaux (la philanthropie, elle, a une vraie rue), de la poupée (ex impasse du dragon !) ou de la fidélité !

Le majestueux Mont des arts domine la ville et rassemble palais royaux et autres bâtiments d’apparat, palais des congrès, parcs et surtout le très beau musée royal des beaux-arts avec ses trois sections d’art ancien, de fin de siècle et Magritte.

L’élégant quartier des Sablons et ses innombrables antiquaires.

Les Marolles, à l’atmosphère joyeusement populaire, mais dont la brocante attire peu à peu un monde plus huppé.

Sainte Catherine, dont les immenses quais, désormais à sec, deviennent des lieux à la mode

Ixelles et Saint gilles, au Sud de la ville, inexorablement imbriquées l’une dans l’autre  qui offriront au promeneur leurs belles demeures Art Nouveau et, dit-on, un refuge complaisant à quelques exilés fiscaux.

La cathédrale enfin, un peu perdue au milieu d’immeubles sans âme et, à quelques pas, les magnifiques magasins Waucquez, transformés en centre de la bande dessinée.

Du quartier que l’Europe, nous n’avons vu que l’écrasant chantier des institutions européennes et, surtout, place Jourdan, les délicieuses et roboratives frites d’Antoine.

Les points forts

Bruxelles est une ville bienveillante au touriste  et nombreux sont les passants qui, vous voyant hésitants, vous proposeront leur aide. Il n’y a guère que l’office du tourisme de la Grand-Place dont l’accueil soit discutable.

La ville est petite et vos pourrez facilement vous y déplacer à pied, mais les transports publics y sont simples d’accès lorsque la pluie ou quelque curiosité éloignée du centre vous y pousseront

Les autres

Il y a peu (ou pas) de zones piétonnes et vous aurez bien du mal à éviter les voitures ou à trouver un site qui ne soit pas partiellement caché par quelque véhicule.

La photo est assez libre dans Bruxelles et, hormis quelques expositions d’œuvres récentes et le musée Horta à l’accueil rugueux, vous ne devriez pas rencontrer beaucoup d’obstacles.

Quelques Adresses

Cette liste n’a pas la prétention d’un guide, elle ne cite que quelques établissements que nous avons essayés et qui nous ont satisfaits, ou pas. Pour les plus connus, vous trouverez les adresses sans difficultés. Pour les autres, nous les avons indiquées.

B&B Taptoe : A quelques pas de la Grand-Place, cet agréable Bed & breakfast vous offre de jolies chambres propres et confortables dans une impasse très silencieuse. L’accueil est agréable.

Museumcafé : une restauration rapide de qualité dans un cadre agréable à l’entrée des musées royaux des Beaux-arts.

Peï et Meï : Un tout nouveau restaurant, rue de Rollebeek, près du Sablon. La porte donne toujours l’impression que le restaurant est fermé, mais il faut pousser la porte, vous ne le regretterez pas.

Les Petits oignons : entre les musées royaux et la place Louise, une bonne adresse avec une bonne cuisine française de brasserie.

La brasserie de Bruxelles : place de la vieille Halle aux Blés, un accueil sympathique dans un cadre moderne pour quelques recettes belges bien exécutées.

Dandoy : Plusieurs magasins à Bruxelles dont deux autour de la Grand-Place : les meilleurs biscuits de Bruxelles.

Frederic Blondeel : Une très bonne chocolaterie, mais surtout un chocolat chaud susceptible de vous réconcilier avec l’hiver bruxellois.

Maison Antoine : place Jourdan dans le quartier européen : la Mecque de la Frite Belge, connue dans toute la Belgique. Vous profiterez de la queue pour vous faire expliquer par les habitués la très longue carte des sauces et des accompagnements, puis vous irez profiter de votre achat dans l’un des cafés voisins.
Photos: http://www.loeilpantois.fr/albumsvoyage/albumbruxelles/


 

[i] 20.7% au 3e trimestre 2013 Direction générale statistiques et information économique belge

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *